Salomé Saqué : Faut-il abolir l'héritage ? Chronique sur Socialter
Dans une nouvelle chronique pour Socialter, la journaliste Salomé Saqué décrypte les inégalités liées à l'héritage et les discours politiques qui entravent le débat sur la fiscalité successorale.
Une impopularité paradoxale
Les Français détestent l'impôt sur les successions : 77 % le considèrent « injustifiés » selon un sondage d'avril 2024. Pourtant, 85 % des successions directes en France ne sont pas soumises aux droits de succession, et le taux effectif moyen d'imposition est inférieur à 5 %.
La concentration du patrimoine
60 % du patrimoine détenu par les particuliers est issu de l'héritage, contre 35 % dans les années 1970. D'ici 2040, la « grande transmission » devrait transférer 9 000 milliards d'euros de patrimoine. Les 10 % les plus riches détiennent 54 % de la richesse nationale.
Des propositions de réforme
La Fondation Jean-Jaurès propose de reconstruire l'assiette de l'impôt en supprimant les régimes dérogatoires. Oxfam défend un barème plus progressif ciblant les « super-héritages ». Thomas Piketty théorise l'héritage universel : 120 000 euros versés à chaque citoyen à 25 ans, financés par un impôt progressif sur la fortune et les successions.
Un débat public à reconstruire
Les économistes proposent des solutions, mais le débat public reste bloqué par des discours politiques simplificateurs. L'OCDE recommande d'intégrer les sommes héritées dans l'impôt sur le revenu du bénéficiaire et de supprimer les principales niches fiscales comme le pacte Dutreil.