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Salomé Saqué analyse la bataille culturelle après les législatives 2024


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Dans sa chronique pour Socialter, la journaliste Salomé Saqué décrypte les enjeux de la bataille culturelle qui se joue dans l'espace médiatique et politique français.

Salomé Saqué analyse la bataille culturelle après les législatives 2024

Contexte électoral de juillet 2024

À l'issue du deuxième tour des élections législatives de juillet 2024, près de onze millions d'électeurs ont voté au premier tour pour un parti aux idées rétrogrades, soit presque trois fois plus qu'en 2022.

Le front républicain a permis d'éviter une victoire de l'extrême droite, mais la journaliste souligne qu'il serait erroné de penser que le pays adhère massivement à des idées progressistes.

L'influence des milliardaires dans l'espace médiatique

Pierre-Édouard Stérin, milliardaire exilé fiscal en Belgique depuis 2012, finance via le Fonds du bien commun des projets éducatifs, médiatiques et sociaux visant à renforcer l'influence des valeurs chrétiennes traditionnelles.

Le projet Périclès, dévoilé par L'Humanité en juillet 2024, prévoit un budget de 150 millions d'euros sur 10 ans pour faire triompher l'extrême droite en France d'ici 2027.

Vincent Bolloré a construit un empire médiatique et éditorial qui promeut des idées identitaires et réactionnaires, avec des médias comme CNews qui lancent des polémiques sur l'abaya, le burkini ou le droit à l'avortement.

Les réseaux sociaux comme amplificateur

Des influenceurs et médias d'extrême droite se développent à vitesse grand V sur les réseaux sociaux, parfois financés par des fortunes conservatrices.

Selon une étude du Reuters Institut de juin 2024, parmi les cinq personnalités les plus influentes en France dans le domaine de l'information sur les réseaux sociaux, deux sont d'extrême droite (Éric Zemmour et Pascal Praud).

Jordan Bardella bénéficie d'équipes de communication qui lui permettent d'obtenir des scores exceptionnels sur TikTok, où ses vidéos cumulent des dizaines de millions de vues.

Enjeux pour les médias progressistes

Les médias qui résistent au mouvement réactionnaire se voient qualifiés de « woke » ou « d'extrême gauche », disqualifiant ainsi toute personne s'opposant à cette vague de concepts.

Faute de fonds et de coordination, les progressistes peinent à gagner cette bataille des idées face à une machine organisée pour produire de la pensée réactionnaire.